La prévision météorologique et ses difficultés en région de montagne

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Gilles Brunot, chef de centre Météo-France à Chamonix était avec nous pour le troisième Science Sandwich de l’année. Sa présentation nous a éclairés sur tout ce qui se cache derrière la réalisation de bulletins météorologiques qu’on consulte tous avant de s’habiller le matin.  Réponses à nos questions ci-dessous !

L’Aiguille du Gouter entre les nuages.  ©  Alex Hernandez

 

Comment se font les prévisions météorologiques ?

Des outils de mesure situés au niveau des continents, des océans, de l’atmosphère et de l’espace, recueillent des données de terrain très variées : température, humidité, pression atmosphérique, précipitations, hauteur de neige, vent. Ces données permettent d’élaborer « l’état initial » de la situation météorologique à l’échelle du globe plusieurs fois par jour. C’est ensuite l’analyse de ces états initiaux par différents modèles puis l’interprétation de cette analyse par un prévisionniste qui rendent possible la réalisation de prévisions météorologiques.

Pourquoi les prévisions sont-elles plus fiables aujourd’hui qu’avant ?

Les raisons sont multiples. Le développement de l’informatique a eu une importance capitale. Les puissances de calcul des superordinateurs actuels permettent à la fois de calculer de manière moins simplifiée certains phénomènes météorologiques complexes et d’améliorer la résolution des prédictions en prenant en compte des échelles spatiales de plus en plus en fines. A titre d’exemple, les mailles (c.a.d le pixel de base) analysées il y a une trentaine d’années étaient des carrés de 200 ou 300km de côté, alors qu’actuellement la taille des mailles varie entre 1.2 km et 10km en fonction des modèles météorologiques.

Notons également l’importance de l’ajout de nouveaux satellites (depuis les années 80) permettant d’affiner les états initiaux et de la multiplication du nombre d’états initiaux, de modèles et donc de prévisions à comparer et interpréter.

 

 

Evolution de la performance des outils informatiques utilisés par MétéoFrance depuis le début des années 90.  Source: Météo-France

 

Vers une automatisation complète de la prévision ?

Oui les prévisions entièrement automatisées existent. Cependant, l’expertise des prévisionnistes dans l’interprétation des modèles reste indispensable pour ajuster les prévisions en zone de montagne (e.g.  ajustement limite pluie-neige ; ajustement de la différence de précipitations entre niveaux d’altitude). Le prévisionniste apporte sa connaissance du territoire et des processus typiques des zones de montagne (e.g. effet de foehn, formation de cumulus) qui sont encore mal appréhendés pas les modèles.

 

Les prévisions météorologiques : un bon exemple de coopération internationale

Pour produire une prévision à l’échelle d’un territoire comme la France, les modèles météorologiques ont besoin d’être alimentés quotidiennement avec des données du monde entier. Ce qui nécessite un partage de données entre pays, coordonné par l’organisation météorologique mondiale, et représente un bel exemple de coopération internationale.

L’open source est une pratique commune dans le monde de la prévision météo : les analyses de certains modèles météorologiques, comme celles issues du modèle américain GFS, sont directement accessibles sur internet.

 

Le changement climatique rend-il les prévisions plus difficile ou moins fiable ?

Les prévisions météorologiques ne sont pas basées sur des statistiques de la météo passée mais uniquement sur des principes de physique (thermodynamique notamment). Les méthodes de prévisions sont donc indépendantes de l’évolution du climat au cours de ces 100 dernières années.

 

Rédaction : Colin Van Reeth et Hillary Gerardi


Pour en savoir plus

Consultez le programme des Science Sandwich 2019
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