
En montagne, le printemps écrit une histoire différente chaque semaine. Une nature en pleine transformation que scientifiques, bénévoles, curieux et curieuses ou encore passionné·es de montagne sont venus observer lors de trois sorties de sciences participatives organisées entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin. Elles se sont toutes déroulées autour des refuges de Loriaz à Vallorcine.
Lors de notre première sortie, les participant·es progressaient encore dans la neige, et certaines mares étaient toujours cachées sous cette étendue blanche. Quelques jours plus tard, elles avaient retrouvé leur eau libre, prêtes à accueillir une nouvelle saison de vie… et nous, à compter de nouvelles pontes ! Au fil des sorties, nous avons ainsi parcouru les sentiers, partagé nos observations et contribué à mieux comprendre les évolutions de la montagne à travers trois programmes de sciences participatives du CREA Mont-Blanc.


Trois histoires du printemps en montagne : arbres, myrtilles et grenouilles rousses
Au programme de ces rendez-vous hebdomadaires : trois protocoles de sciences participatives emblématiques du CREA Mont-Blanc.
Trois façons d’observer le vivant, mais un même objectif : documenter les rythmes de la nature en altitude et aider la recherche scientifique à mieux comprendre les effets du changements climatiques sur ces écosystèmes.
Avec Phénoclim, nous continuons le suivi de 15 arbres : 12 épicéas et 3 sorbiers suivis depuis 2009. Alors que la saison avance, nous arrivons aux derniers stades observés. L’épicéa est d’ailleurs l’une des espèces suivies du programme les plus tardives.
Grâce à Floraison d’Altitude, nous dénombrons les différents stades de floraison et de fructification des myrtilliers installés le long du gradient altitudinal de Loriaz. Quatre placettes situées entre 1 630 et 2 140 mètres d’altitude sont suivies. Lors de chaque sortie, dix quadrats sont observés sur chacun des sites, soit 120 quadrats au total.
Résultat des comptages : 1 098 fleurs recensées lors de la première sortie, 1 449 lors de la dernière. À ce rythme-là, la saison des flans aux myrtilles approche à grands pas…


Stades à observer pour le myrtillier
Astuce terrain : compter les myrtilles sans perdre le fil
Sur le terrain, chacun·e a sa méthode. Certain·es comptent un stade après l’autre , par exemple d’abord les fleurs fermées, puis les fleurs ouvertes, puis les fleurs fanées/les fruits verts et enfin les fruits mûrs. D’autres découpent mentalement le quadrat en plusieurs zones et notent leurs résultats au fur et à mesure pour ne rien oublier.
Une chose est sûre : après quelques quadrats, la concentration est mise à rude épreuve. La meilleure astuce reste donc d’être plusieurs pour partager le comptage… et éviter de se retrouver seul·e face à dix quadrats !
Si vous avez loupé le dernier article sur les myrtilles, retrouvez le juste ici.
Enfin, avec Compte-Ponte, nous recensons les pontes de grenouille rousse ainsi que les stades de développement des têtards. Dans les 5 mares suivies de Loriaz, 65 pontes ont été comptabilisées.
Ces observations font écho à celles réalisées plus bas dans la vallée lors de notre sortie “Vallorcine au rythme des saisons”. À la mare de l’Office de tourisme, les premières pontes avaient été observées dès le 11 mars. À Loriaz, près de 700 mètres plus haut, il a fallu attendre le 12 mai pour observer les premières pontes : près de deux mois d’écart ! C’était d’ailleurs sous nos yeux dès le point de rendez-vous ! Sur le parking, des têtards avaient déjà atteint le stade 3. Les bénévoles ont donc pu observer l’évolution du développement de cette espèce particulièrement sensible aux facteurs climatiques.
Retrouvez la fiche descriptive des différents stades de développement de la grenouille rousse ici.

Au moment du pique-nique tiré du sac de la première sortie, une surprise nous attendait. Un quatrième programme de sciences participatives s’est invité à la sortie : Haut en couleur.
La vedette du jour ? Un chocard à bec jaune particulièrement à l’aise. En observant ses bagues colorées, nous avons rapidement reconnu Jaune Pistache Noir Jaune (aka JPNJ). C’est LE chocard bagué le plus observé cette année ! Bagué au Tour en 2015, cet habitué des sommets est régulièrement revu au Buet, au refuge de Bérard, à Loriaz ou encore au Lac Blanc, avant de retrouver la vallée du Tour durant l’hiver. Un véritable globe-trotteur local.
Alors, à vous de jouer ! On adore JPNJ mais nous aimerions aussi avoir des nouvelles de ses congénères. Lors de vos prochaines sorties en montagne, gardez l’œil ouvert : l’un de nos chocards bagués viendra peut-être vous rendre visite au moment de votre pause repas ou de votre goûter bien mérité.
Si tel est le cas, envoyez nous une photo dans la communauté WhatsApp et nous vous en diront plus sur son histoire !
Une aventure humaine
Au-delà des observations scientifiques, ces sorties ont surtout été de beaux moments de partage. Organisée dans le cadre de la Fête de la Nature 2026, la première sortie a permis à de nouvelles personnes de s’initier aux sciences participatives et de contribuer aux suivis du CREA Mont-Blanc. Nous aimons voir ces programmes prendre vie sur le terrain, au fil des échanges, des questions et des observations partagées. Derrière chaque donnée collectée, il y a avant tout des personnes curieuses de mieux comprendre la montagne qui les entoure.
Merci à toutes celles et ceux qui ont partagé avec nous ce printemps au sommet !
Et si la prochaine observation était la vôtre ?
Comprendre les effets du changement climatique ne se fait pas en une saison. En écologie, il faut souvent 30 années de données pour révéler de véritables tendances. Grâce à SPOT, la plateforme de sciences participatives du CREA Mont-Blanc, chacun peut contribuer à cette aventure scientifique. Vous y retrouverez nos programmes, les protocoles détaillés et tous les outils nécessaires pour vous lancer.
Alors, rejoignez notre communauté de bénévoles, ouvrez grand les yeux et devenez, vous aussi, un scientifique amateur.
Découvrez SPOT !
Observez. Partagez. Faites avancer la recherche.






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