Retour sur le 16ème printemps Phénoclim

Phénoclim est un des plus anciens programmes de science participative en France. Il associe des participants aux profils et motivations variés qui observent la phénologie végétale et la hauteur de neige, avec des chercheurs qui observent en parallèle la phénologie végétale et animale, accompagnent les participants, analysent l’ensemble des observations collectées et restituent aux participants les résultats scientifiques nombreux issus de leurs observations. La plupart des observations du printemps 2020 a été saisie, et le bilan saisonnier est en ligne ! Concrétisation scientifique importante de ce printemps : un nouvel article scientifique a été publié dont nous expliquons ici quelques résultats.

Printemps 2020 : un démarrage de la végétation très précoce

Saison tardive ou saison précoce ? C’est une des grandes questions que nous nous posons après chaque saison (printemps et automne). Pour y répondre, le CREA Mont-Blanc analyse les observations du développement de la végétation réalisées par le réseau Phénoclim (1961 observations pendant ce printemps 2020, dans 170 zones d’étude) ainsi que les observations de la reproduction de la faune (mésange noire, grenouille rousse) effectuées par l’équipe du CREA Mont-Blanc et des bénévoles locaux. Toutes ces données d’observation sont étudiées en faisant le lien avec les données de température et d’enneigement collectées bénévolement (554 observations d’enneigement en 2020) ou automatiquement (environ 4 000 000 relevés de température depuis le début de l’année 2020).

Même si on parle de « printemps », de nombreux stades s’observent en réalité en hiver (ex : floraison et débourrement du noisetier et du lilas). Le démarrage de la végétation en 2020 s’est fait bien en avance par rapport à la moyenne 2006-2019. Dans les Alpes, l’avance est de 6.1 jours en dessous de 1000m d’altitude et 9.8 jours au-dessus de 1000m d’altitude (comparaison par rapport à la moyenne 2006-2019).

Pour en savoir sur la phénologie végétale et animale de ce printemps 2020 : https://phenoclim.org/fr/bilans-saisonniers

Printemps 2020 : une nouvelle publication scientifique Phénoclim

Pendant ce 16ème printemps Phénoclim, un nouvel article a vu le jour grâce aux observations des participants (il s’agit du 4ème article scientifique traitant les données de Phénoclim). La phénologie qui contrôle indirectement la distribution géographique des arbres peut être prédite pour le futur grâce à des modèles. Différents types de modèles ont été comparés dans cet article. Les modèles les plus robustes identifiés prévoient une réduction des écarts entre les dates de débourrement à basse et haute altitude pour de nombreuses espèces des Alpes d’ici la fin du 21e siècle. Ceci est dû d’une part à un avancement des dates de débourrement à haute altitude et d’autre part à un ralentissement de la tendance à la précocité du débourrement à basse altitude, voire même à un retard des dates pour certaines espèces. Ces résultats suggèrent que l’on risque d’assister à une homogénéisation de la phénologie au printemps le long du gradient d’altitude alors que pour l’instant les phases sont retardées d’en moyenne 3.33 jours pour 100 m gagnés en altitude.

Les besoins en froid (période allant, selon les espèces, de quelques semaines à plusieurs mois durant laquelle la température doit être comprise entre 0 et 12°C pour lever la dormance des bourgeons) expliqueraient ces différentes réponses. Il sera de plus en plus difficile d’atteindre ces besoins en froid à basse altitude, alors qu’ils pourront encore être atteints à haute altitude d’ici la fin du siècle). Selon le scénario climatique le plus pessimiste (RCP 8.5), le débourrement en haute altitude pourrait avancer d’un à deux mois d’ici la fin du 21ème siècle, en fonction des espèces considérées dans l’article.

Printemps 2020 : les enjeux de la participation Phénoclim

La très grosse majorité (91%) des sites d’observation du printemps 2020 a été suivie par des particuliers et des professionnels de la nature (parcs et réserves naturels, association naturaliste, corps forestier, etc.). Pour la première fois depuis plusieurs années les particuliers ont suivi plus de zones que les professionnels de la nature, sans doute une conséquence du confinement de ce printemps 2020.

Nous étions ravis de compter parmi nous de très nombreux nouveaux observateurs auvergnats et pyrénéens. Un enjeu important de Phénoclim est de développer une mobilisation dans le Massif Central et les Pyrénées, tout en maintenant un niveau de participation élevé dans les Alpes où les observations sont les plus anciennes. La pertinence des analyses scientifiques en dépend.

MERCI à tous les bénévoles qui ont participé aux suivis de l’enneigement, de la flore et de la faune pendant ce printemps 2020 !

Une phénologie automnale si mal comprise

La communauté scientifique étudie depuis très longtemps la phénologie printanière au travers des dates de floraison, débourrement et de feuillaison. La tendance générale à la précocité pour ces stades est bien connue (des contrastes importants existent entre espèces, altitudes et latitudes). A l’inverse, la sénescence des feuilles à la fin de l’été ou à l’automne est bien moins étudiée et donc comprise. Du fait de l’augmentation des températures, il semblerait que les conditions soient favorables pendant plus longtemps et que la senescence soit en général retardée (les feuilles jaunissent plus tard). Un constat cependant loin de se vérifier de partout…

Le CREA Mont-Blanc poursuivra cet automne les observations de la phénologie végétale autour du massif du Mont-Blanc (6 zones suivies). Nous espérons que vous nous accompagnerez dans cette aventure scientifique où que vous soyez !

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Les 4 étapes pour se lancer dans Phénoclim

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