Reproduction des mésanges 2016

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Une nouvelle saison de suivi de la reproduction des mésanges noires s’achève et il est temps pour l’équipe du CREA Mont-Blanc de faire un premier bilan. Marjorie Bison revient sur trois points qui ont attiré son attention : le taux d’occupation des nichoirs, les pontes tardives et les pauses dans les pontes.

Oisillons âgés de 14 jours dans le nid n°36 © CREA Mont-Blanc

 

Bilan de la saison 2016

Les quelques chiffres-clés présentés ci-dessous illustrent nos observations de la reproduction des mésanges noires au printemps 2016. Les nichoirs du CREA Mont-Blanc, situés à Vallorcine (1300 m) et à Loriaz (1900 m), témoignent d’un taux d’occupation variable en fonction de l’altitude, de pontes tardives et de pauses dans les pontes.

 

Les chiffres-clés de la reproduction des mésanges 2016

 

Des taux d’occupation variables selon l’altitude

Le taux d’occupation, c’est à dire le pourcentage de nichoirs occupés par des mésanges ayant pondu au moins un œuf, est toujours à la hausse d’années en années depuis leur installation en 2011. L’année 2016 continue sur cette lancée en affichant un remarquable 44% d’occupation à Vallorcine (~1300m). N’en tirez pas la conclusion que les tailles de populations de mésanges augmentent chaque année, mais plutôt qu’elles s’habituent à la présence des nichoirs et les considèrent comme des lieux sûrs pour élever leur progéniture.

Ce n’est pas avec le même enthousiasme que nous concluons la saison pour les nichoirs de Loriaz (~1900m). Cette année compte en effet parmi les plus mauvaises avec un taux d’occupation de 14%, soit 8 nichoirs occupés sur 56. Cette faible occupation traduirait-elle une baisse générale de l’activité de reproduction en altitude cette année due au froid tardif ? Ou bien simplement le hasard faisant que les nichoirs étaient moins occupés cette année ? La question reste en suspens aujourd’hui car pour avoir une idée de l’explication, il nous faudrait comparer ces données avec d’autres études faites en altitude sur la reproduction des mésanges et ayant eu des conditions climatiques similaires.

 

L'habitat autour d'un nichoir © CREA Mont-Blanc
L’habitat autour d’un nichoir © CREA Mont-Blanc

 

Comment améliorer les taux d’occupation ?

Améliorer les taux d’occupation des nichoirs est nécessaire pour obtenir des quantités de données suffisantes pour avoir des résultats statistiquement robustes sur les relations entre la phénologie des mésanges et les différents paramètres climatiques (température, enneigement, précipitations).

Une des solutions serait de placer les nichoirs dans les environnements de nidification les plus favorables à l’installation des couples reproducteurs. Il faut donc connaître les caractéristiques environnementales préférées par les mésanges. Pour ce faire, différentes mesures de description de l’habitat doivent être réalisées à la fois pour des nichoirs occupés et inoccupés. De cette façon, il est possible de comparer les différents types d’environnements et de déterminer, entre autres, les types de peuplements, le degré de fermeture de la canopée – étage supérieur de la forêt – ou encore les espèces végétales dominantes, sélectionnés de préférence par les couples. C’est d’ailleurs ce qu’ont commencé à faire cette année les écovolontaires des Séjours Sciences du CREA Mont-Blanc.

 

Oeufs du nichoir n°241 © CREA Mont-Blanc
Oeufs du nichoir n°241 © CREA Mont-Blanc

 

Pontes tardives et pauses pendant les pontes

Par rapport à l’année 2015, nous sommes cette année en retard quant aux dates de ponte et d’éclosion des mésanges. En effet, 15 jours à Vallorcine et 18 jours à Loriaz séparent les dates moyennes de première ponte de 2015 et de 2016. Dans un précédent article Éclosions tardives pour les mésanges, nous avions émis des hypothèses sur l’origine de ces décalages.

Un autre phénomène a particulièrement attiré notre attention cette année. Nous avons observé que certaines mésanges étaient capables de faire des pauses pendant leur période de ponte : par exemple, au lieu de pondre un œuf par jour pendant 7 jours, régularité qui représente la norme chez les mésanges, la mésange du nichoir 22 a pris 10 jours pour pondre ses 7 œufs. Les mésanges seraient donc à la fois capables d’adapter la date de leur première ponte en fonction des variations de l’environnement mais aussi les dates de leurs pontes suivantes. Cette capacité, peu référencée dans la littérature scientifique, mérite d’être approfondie.

 

Rédaction : Marjorie Bison

 

 

 

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