Reproduction de la mésange noire 2017

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Face aux variations climatiques, les mésanges ont commencé à pondre tôt cette année et la première sortie de terrain a eu lieu le 6 avril à Vallorcine. Cependant, une vague de froid a forcé les mésanges à suspendre leur ponte et a mis en péril la survie des oisillons. Retour sur la reproduction 2017 des mésanges noires.

 

Poissins de mésange noire au nid © CREA Mont-Blanc
Oisillons de mésange noire au nid © CREA Mont-Blanc

 

Le suivi des mésanges a commencé tôt cette année en comparaison de l’année précédente, avec une première sortie le 6 avril à Vallorcine. Lors des premiers jours de terrain, l’équipe du CREA se souvenait d’un début de suivi sous la neige en 2016. Pour cette année 2017, les premières semaines d’observation ont commencé sous le soleil et la chaleur, bien que la neige et le froid soient revenus surprendre les mésanges fin avril…

 

Reproduction des mesanges 2017 © CREA Mont-Blanc
Reproduction des mesanges 2017 © CREA Mont-Blanc

Étude de la reproduction de la mésange noire

C’est avec l’aide précieuse de Sandrine, Anne B., Anne D., Hillary, Nelly, Brad et Sylvain que nous sommes venus à bout, chaque semaine entre le 6 avril et le 15 juin, de la visite de la centaine de nichoirs répartis à Vallorcine (~1300 m) et Loriaz (~1900 m).

 

 

L'équipe du CREA Mont-Blanc qui participe aux suivis de la mésange noire © CREA Mont-Blanc

 

Comme chaque année, notre mission était de déterminer le stade de construction du nid dans les nichoirs occupés, le nombre d’œufs, le nombre d’oisillons ainsi que leur âge. Cette année, 36% des nichoirs ont accueillis des œufs à Vallorcine et 34% à Loriaz. Alors que l’occupation à Vallorcine reste à peu près stable depuis 2014, c’est à Loriaz que les scores sont les plus variables entre les années. Ainsi, cette année, le taux d’occupation était plus de deux fois plus élevé que l’an dernier.

 

Des dates de ponte plus précoces que la moyenne

Cette année, les mésanges ont pondu leur premier œuf en moyenne le 18 avril à Vallorcine et le 2 mai à Loriaz, soit respectivement 9 et 2,5 jours plus tôt que la moyenne depuis 2011 (voir le bilan de printemps 2017). Par rapport à l’année 2016, les mésanges ont avancé leur date de ponte de 25 et 20 jours, respectivement à Vallorcine et à Loriaz.

Cette précocité s’expliquerait en partie par les températures relativement élevées qui ont marqué ce début de printemps. Quant à la différence de précocité entre les deux altitudes, la chaleur ayant été moins marquée sur le site de Loriaz à 1900m, les mésanges n’ont donc pas pondu aussi tôt.

Face à cette étonnante adaptation, appelée plasticité, nous pourrions donc supposer que les mésanges sont capables de s’adapter aux variations de température afin de maintenir la synchronisation du développement des oisillons avec le pic d’abondance des ressources (voir la page Reproduction des espèces : la mésange noire pour plus de détails). Cependant, plusieurs questionnements se soulèvent : le décalage des dates de ponte des mésanges équivaut-il au décalage de la période du pic d’abondance des ressources ? La survie des mésanges est-elle affectée par ces décalages ? Intéressons-nous à cette dernière question d’un peu plus près.

 

La survie des mésange en péril face aux changements climatiques

Mortalité des mésanges face au changement climatique © CREA Mont-Blanc
Mortalité des mésanges face au changement climatique © CREA Mont-Blanc

 

 

La survie des oisillons a été particulièrement affectée en 2017 à Vallorcine. Ce graphique représente la mortalité moyenne des oisillons en fonction des années. L’année 2017 est marquée par une forte mortalité à Vallorcine qui peut en partie s’expliquer par le retour du froid et de la neige fin avril, alors que les mésanges avaient déjà bien entamé leur ponte. En effet, comme décrit dans le bilan de printemps 2017, le nombre de jours où la température est descendue en dessous de 0°C au moins une fois dans la journée s’élevait à 25 jours à Arvieux (1560m), soit 4,2 jours de plus que la moyenne 2008-2017. Ainsi, nous supposons que le gel tardif a eu un effet néfaste sur les œufs et sur les oisillons les moins résistants. En altitude, à Loriaz, les mésanges n’ayant pas pondu aussi tôt, leurs œufs et oisillons n’ont donc pas eu à subir cette vague de froid.

Finalement, pondre plus tôt pour tenter de rester synchronisé avec son environnement, oui, mais à quel prix ?

 

 

Rédaction : Marjorie Bison

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