SOLDES d’hiver : -60 % sur les précipitations

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[ENGLISH VERSION Below] L’hiver 2016-2017 a été très particulier dans la vallée de Chamonix, tant au niveau des températures qui ont été très contrastées, qu’au niveau des précipitations, largement déficitaires sur la période. Soldes sur les précipitations et neige bradée, Geoffrey Klein, doctorant en climatologie, a mené l’enquête.

Geoffrey Klein, doctorant en climatologie à l'Université de Neuchatel
Geoffrey Klein, doctorant en climatologie à l’Université de Neuchatel

 

Du gel et du yoyo pour les températures

L’hiver 2016-2017 a été marqué par une importante variabilité des températures de l’air de mois en mois. Les mois de décembre et janvier ont connu de très fréquentes gelées, dont notamment 61 jours consécutifs avec présence de gel du 27 novembre au 26 janvier. Ces gelées ont par ailleurs été plus intenses que la moyenne basée sur la période 1981-2010 : 51 jours de gel inférieur à -5° C sur la période décembre-janvier contre 36 en moyenne. Ces conditions ont été favorisées par la présence de longues périodes anticycloniques, apportant des nuits claires avec peu de vent et de l’air froid venant majoritairement d’Europe du Nord et de l’Est.

En revanche pour le mois de février, le nombre de jours de gel inférieur à -5° C a été faible (5 contre 15 en moyenne), combiné à des températures maximales très élevées pour la période (9.4° C contre 4.8° C en moyenne). Cela a engendré un excès de température de près de 5° C par rapport la moyenne 1981-2010 pour ce mois de février (3.7° C contre -0.8° C en moyenne).

Au final, la température moyenne de cet hiver à Chamonix a été 1.3° C plus élevée que la moyenne 1981-2010, en raison de températures maximales assez élevées qui ont compensé les fréquentes gelées matinales.

Des précipitations 60 % inférieures à la norme

Cet hiver a été particulièrement marqué par un important déficit de près de 60% des précipitations par rapport à la moyenne de la période 1981-2010, notamment sur le début de la saison où la vallée de Chamonix n’a pas connu la moindre pluie ou neige pendant 40 jours consécutifs, du 26 novembre au 5 janvier. L’enneigement de la vallée a ainsi été directement impacté, avec une hauteur maximale de neige au sol de 35 cm relevée à Chamonix à l’observatoire du Mont-Blanc (contre 60 cm en moyenne sur les dix derniers hivers). Plus en altitude, la hauteur maximale de neige au sol a également été très faible, avec par exemple pas plus de 50 cm dans les aiguilles rouges (zone du Lac Blanc, 2330 m d’altitude). Début février, l’épaisseur de neige au sol relevée à cet endroit était seulement de 5 cm.

 

Rédaction : Geoffrey Klein


En savoir plus

L’enneigement des massifs en temps réel sur le site sports-hiver
Normales climatiques 1981-2010 à Chamonix
, sur le site La météo
Données climatiques mensuelles à Chamonix-Mont-Blanc sur le site Météociel


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ENGLISH VERSION

 

Winter Special: 60% off on precipitation

 

In the Chamonix Valley, winter 2016-2017 has been a weird one.    In terms of temperatures (which have been highly variable) and precipitation (which has been well-below average), this season has been a departure from the norm. Geoffrey Klein, PhD student in climatology working at CREA Mont-Blanc, brings us the story.

Freezing overnight and huge temperature swings:

Month after month, winter 2015-2017 has seen significant variability in air temperature.   Both the months of December and January were marked by frequent frosts—including 61 consecutive days with below-freezing temperatures between November 27th and January 26th.   In addition, these frosts were more intense than the average established between 1981 and 2010:  51 days in December and January had temperatures that fell below -5°C compared with an average of 36 days.  These conditions were caused by long periods of high-pressure, clear nights, an absence of wind, and cold air coming from Northern and Eastern Europe.

By contrast, during the month of February the number of days when the temperature dropped below -5°C was below normal (5 days vs. 15 on average) and maximum temperatures were also higher than usual (9.4°C vs. an average of 4.8°C).  This meant that February temperatures exceeded the 1981-2010 average by nearly 5°C (3.7°C compared with an average of -0.8°C).

Overall, the average temperature in Chamonix during the first few months of winter has been 1.3°C above the 1981-2010 average, with high daytime maximum temperatures compensating for frequent overnight frosts.

Precipitation 60% below normal:

The biggest news this winter has been the drought, with precipitation levels at nearly 60% below the average for the period between 1981 and 2010.   At the beginning of the season, the Chamonix Valley didn’t receive any snow or rain for 40 consecutive days, from November 26th to January 5th.  Snow cover in the valley was directly impacted: the Mont Blanc Observatory in Chamonix recorded a maximum snow depth of 35cm, in contrast with an average of 60cm during the last ten years. At higher elevations, the maximum snow depth was also very low.  In the Aiguilles Rouges (near Lac Blanc, at 2330m), the maximum snow depth was only 50cm, and in early February, there was only 5cm on the ground.

Stay tuned to hear how the second half of the winter turns out.

 

Reported by Geoffrey Klein
Translated by Hillary Gerardi

 

2 Réponses

  1. PF Youssouf

    Merci pour ces informations mais j’avoue rester sur ma faim.

    Et il possible de connaitre les raison de cet impact ? Est-ce un évènement ponctuel et passager qu’on ne peut attribuer qu’a cette seule année ou une mouvance régulière ?

  2. Geoffrey Klein

    Si vous parlez du déficit de la quantité de précipitations tombées cet hiver, les raisons ne sont pour l’instant pas clairement connues et ne font pas particulièrement partie de ma recherche. Néanmoins, il est reconnu que le cycle de l’eau sur terre est un cycle plus ou moins fermé, et que donc la quantité d’eau présente sur la planète ne varie que très peu. Un déficit de précipitations dans nos régions induit des excédents de précipitations dans d’autres régions du monde. De plus, il n’est pas actuellement démontré clairement que le réchauffement climatique des dernières décennies soit responsable d’une augmentation ou d’une diminution significative des précipitations sous nos latitudes. Et à la vue des précipitations tombées lors des derniers hivers à Chamonix, très variables en quantité d’un hiver à l’autre sans réelle tendance particulière, on pourrait plutôt penser à un événement ponctuel.

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