{"id":6321,"date":"2026-01-23T11:35:23","date_gmt":"2026-01-23T10:35:23","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.creamontblanc.org?p=6321"},"modified":"2026-04-07T16:29:40","modified_gmt":"2026-04-07T15:29:40","slug":"sopheno-un-projet-au-croisement-des-disciplines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.creamontblanc.org?p=6321","title":{"rendered":"SoPh\u00e9no : un projet au croisement des disciplines"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.19.54.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6323\" style=\"aspect-ratio:16\/9;object-fit:cover\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cr\u00e9dit photo : Oc\u00e9ane Anty. Sortie aquarelle \u00ab\u00a0Peindre l&rsquo;automne\u00a0\u00bb, organis\u00e9 par le CREA Mont-Blanc et Patagonia, avec l&rsquo;artiste Georges Saladin.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Allier sociologie et ph\u00e9nologie : le pari SoPh\u00e9no !&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>En novembre dernier, les acteur\u00b7ices du projet SoPh\u00e9no se sont retrouv\u00e9<strong>\u00b7<\/strong>es \u00e0 Lyon pour le premier COPIL (comit\u00e9 de pilotage) du projet. L\u2019occasion d\u2019explorer la biodiversit\u00e9 \u00e0 travers des prismes vari\u00e9s : sciences participatives, ph\u00e9nologie, bioacoustique\u2026 et m\u00eame litt\u00e9rature !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le projet <em>SoPh\u00e9no a d\u00e9but\u00e9 en juin 2024 et se poursuivra jusqu\u2019en d\u00e9cembre 2027. <br>Port\u00e9 par le CREA Mont-Blanc et la Maison de la M\u00e9t\u00e9o et du Climat des Alpes du Sud, le projet est financ\u00e9 par les fonds europ\u00e9ens FEDER Massif Alpes 2021-2027 et cofinanc\u00e9 par le Fonds National d\u2019Am\u00e9nagement et de D\u00e9velopemment du Territoire (CIMA)<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet SoPh\u00e9no est un projet au croisement de diff\u00e9rentes disciplines, qui a plusieurs objectifs. Le premier, c\u2019est le \u00ab\u00a0So\u00a0\u00bb, l\u2019aspect socio : nous souhaitons \u00e9valuer l\u2019effet transformateur des sciences participatives. Le second, c\u2019est le \u00ab\u00a0Pheno\u00a0\u00bb, l\u2019aspect ph\u00e9nologie : nous cherchons \u00e0 comprendre les cons\u00e9quences des changements climatiques sur les interactions entre esp\u00e8ces, en particulier sur les interactions plantes-pollinisateurs. Ce projet a notamment vu le jour gr\u00e2ce \u00e0 de tr\u00e8s beaux jeux de donn\u00e9es issus de notre programme de sciences participatives Ph\u00e9noclim, qui nous permettent d\u2019aborder des questions aussi int\u00e9ressantes et vari\u00e9es que celles-ci !<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du COPIL, nous sommes revenu\u00b7es sur le projet donc, mais nous avons aussi eu plusieurs pr\u00e9sentations traitant de sujets pouvant nourrir nos r\u00e9flexions (et les v\u00f4tres) en lien avec ces th\u00e9matiques ! C\u2019est pourquoi aujourd\u2019hui, nous vous proposons un petit panorama des ces pr\u00e9sentations, traitant d\u2019exp\u00e9riences de nature, du r\u00f4le d\u2019apprentissage des sciences participatives, de ph\u00e9nologie des myrtilles en Norv\u00e8ge et de m\u00e9thodes alternatives non l\u00e9tales pour le suivi des insectes !<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les pr\u00e9sentations \u00ab\u00a0So\u00a0\u00bb !<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"906\" height=\"680\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6325\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.11.png 906w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.11-300x225.png 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.11-768x576.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 906px) 100vw, 906px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cr\u00e9dit photo : Oc\u00e9ane Anty. Au d\u00e9tour d&rsquo;une mare sur notre protocole \u00ab\u00a0compte-ponte\u00a0\u00bb avec nos b\u00e9n\u00e9voles \u00e0 Vallorcine.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Imaginaire, exp\u00e9riences de nature et engagement<br><\/strong><em>Par Anne-Caroline Pr\u00e9vot &#8211; Directrice de recherches au CESCO (CNRS-MNHN-SU) en biologie et psychologie de la conservation<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re conf\u00e9rence de la journ\u00e9e nous a invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont nos exp\u00e9riences de nature fa\u00e7onnent notre rapport au vivant\u2026 et notre envie d\u2019agir pour le prot\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<p>Commen\u00e7ons par un constat : nos modes de vie changent, nous passons de plus en plus de temps \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019acc\u00e8s aux espaces verts est in\u00e9gal selon les territoires et les milieux sociaux, les propositions pour jouer dehors sont standardis\u00e9es, et la nature n\u2019est pas toujours per\u00e7ue comme \u00ab rentable \u00bb. Dans ce contexte, le lien sensible que nous entretenons avec le vivant se d\u00e9t\u00e9riore.<\/p>\n\n\n\n<p>Anne-Caroline Pr\u00e9vot, sur base d\u2019une litt\u00e9rature existante, propose une cartographie des exp\u00e9riences de nature :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Les exp\u00e9riences directes (en pleine nature) : elles reposent sur des contacts spontan\u00e9s avec le vivant, par exemple lors d\u2019une balade en for\u00eat ou d\u2019une observation improvis\u00e9e d\u2019un bourdon en pleine pollinisation.<\/li>\n\n\n\n<li>Les exp\u00e9riences indirectes : avec l\u2019intervention d\u2019humain\u00b7es (par exemple les zoos), organis\u00e9es et encadr\u00e9es, souvent m\u00e9di\u00e9es par des humains.<\/li>\n\n\n\n<li>Les exp\u00e9riences vicariantes : elles se vivent de mani\u00e8re plus symbolique, \u00e0 travers des images, des r\u00e9cits, des repr\u00e9sentations.&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Anne-Caroline s\u2019est particuli\u00e8rement concentr\u00e9e sur les exp\u00e9riences vicariantes, qui r\u00e9pondent pleinement \u00e0 la probl\u00e9matique actuelle du mode de vie citadin. Elle a notamment travaill\u00e9 sur l\u2019importance de l\u2019imaginaire, explor\u00e9 \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de romans de trois autrices parmi les plus lues en France (Aur\u00e9lie Valognes, Virginie Grimaldi et M\u00e9lissa Da Costa). \u00c9tudier comment est pr\u00e9sent\u00e9e la nature dans ces r\u00e9cits et comment les lecteurs et lectrices la per\u00e7oivent peut permettre d&rsquo;\u00e9valuer dans quelle mesure la litt\u00e9rature fa\u00e7onne nos \u00e9motions, nos repr\u00e9sentations et notre sensibilit\u00e9 \u00e0 la nature. Lire un roman o\u00f9 les paysages, les animaux et les plantes occupent une place importante pourrait constituer une v\u00e9ritable exp\u00e9rience de nature, m\u00eame sans sortir de chez soi. Ces exp\u00e9riences mobilisent des dimensions symboliques et \u00e9motionnelles essentielles qui peuvent influencer notre mani\u00e8re de percevoir le vivant et *pourraient*, \u00e0 terme, encourager \u2013 ou freiner \u2013 l\u2019engagement en faveur de sa protection.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9flexion \u00e9claire un autre constat : lorsque les individus manquent d\u2019exp\u00e9riences personnelles de nature, leur sensibilit\u00e9 environnementale diminue, tout comme leur motivation \u00e0 se mobiliser pour la prot\u00e9ger. La sensibilisation ne peut donc pas reposer uniquement sur la transmission de faits scientifiques : comprendre les donn\u00e9es et les m\u00e9canismes \u00e9cologiques est indispensable, mais cela ne suffit pas toujours \u00e0 susciter le passage \u00e0 l\u2019action. Les dimensions sociales, culturelles et \u00e9motionnelles jouent un r\u00f4le tout aussi d\u00e9terminant dans la construction du lien au vivant.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sciences participatives, apprentissage et \u00e9merveillement<br><\/strong><em>Par Baptiste Bedessem &#8211; Charg\u00e9 de recherches au LISIS (INRAE) en sciences et recherches participatives<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me pr\u00e9sentation a explor\u00e9 les liens entre sciences participatives, apprentissage et \u00e9merveillement, \u00e0 travers l\u2019analyse des commentaires anonymis\u00e9s des participant\u00b7es au programme Spipoll, d\u00e9di\u00e9 au suivi photographique des insectes pollinisateurs. La participation ne se limite pas \u00e0 l\u2019observation ou \u00e0 la collecte de donn\u00e9es : elle transforme progressivement la mani\u00e8re dont les participant\u00b7es comprennent et pratiquent leur suivi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette \u00e9tude, une cartographie des commentaires a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e. On distingue tout d\u2019abord des commentaires tr\u00e8s li\u00e9s \u00e0 l\u2019apprentissage, \u00e0 la d\u00e9marche scientifique. L\u2019analyse de ces commentaires r\u00e9v\u00e8le deux choses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Premi\u00e8rement, on se rend compte que la participation \u00e0 Spipoll favorise le d\u00e9veloppement de diff\u00e9rents types de savoirs. Les participant\u00b7es acqui\u00e8rent non seulement des connaissances naturalistes, comme l\u2019identification des esp\u00e8ces, mais aussi des savoirs proc\u00e9duraux : poser des questions de recherche, formuler des hypoth\u00e8ses, suivre un protocole et interpr\u00e9ter collectivement les observations. Ces apprentissages vont ainsi au-del\u00e0 de la simple accumulation de connaissances et permettent de se familiariser concr\u00e8tement avec la d\u00e9marche scientifique\u2026 un peu comme des chercheur\u00b7ses en herbe !&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Deuxi\u00e8mement, l\u2019analyse de la nature des commentaires par participant\u00b7e montre une vraie \u00e9volution et acquisition de savoir au cours du temps ! Cependant, cette \u00e9volution reste individuelle : elle ne tire pas l\u2019ensemble de la communaut\u00e9, et les contributeur\u00b7ices de courte dur\u00e9e ne changent pas leur mani\u00e8re de participer simplement en c\u00f4toyant des participant\u00b7es plus exp\u00e9riment\u00e9\u00b7es. La participation s\u2019accompagne \u00e9galement d\u2019une sensibilit\u00e9 accrue aux cycles naturels. Plus les participant\u00b7es s\u2019investissent dans le programme ou dans les \u00e9changes en ligne, plus ils et elles d\u00e9veloppent une familiarit\u00e9 avec les rythmes saisonniers.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, la cartographie des commentaires r\u00e9v\u00e8le l\u2019importance de la dimension sociale et \u00e9motionnelle des interactions. En effet, parmi les trois th\u00e9matiques les plus fr\u00e9quemment abord\u00e9es, deux rel\u00e8vent directement des registres \u00e9motionnels et relationnels. Plus de la moiti\u00e9 des commentaires expriment ainsi soit de l\u2019admiration face aux insectes et photographies observ\u00e9s (33,9 %) soit des formes de conversations amicales entre participant\u00b7es (18,5 %). L\u2019identification n\u2019arrive qu\u2019en seconde position avec 20,4% des commentaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces chiffres montrent que les sciences participatives ne sont pas seulement des espaces d\u2019apprentissage, mais peuvent aussi \u00eatre des lieux de socialisation et d\u2019expression \u00e9motionnelle. Elles combinent savoirs scientifiques, \u00e9changes et \u00e9merveillement.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Vous aussi, vous souhaitez partager vos derni\u00e8res photos et \u00e9merveillements en nature avec d\u2019autres participant\u00b7es ? Rejoignez la nouvelle communaut\u00e9 WhatsApp du CREA Mont-Blanc : <\/em><a href=\"https:\/\/chat.whatsapp.com\/BTwjRz9FoLUB9jnHrO8BwC\"><em>https:\/\/chat.whatsapp.com\/BTwjRz9FoLUB9jnHrO8BwC<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les pr\u00e9sentations \u00ab\u00a0Pheno\u00a0\u00bb !<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"904\" height=\"510\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.47.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6327\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.47.png 904w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.47-300x169.png 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Capture-de\u0301cran-2026-01-23-a\u0300-11.20.47-768x433.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 904px) 100vw, 904px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Cr\u00e9dits photos : J\u00e9r\u00e9my Froidevaux. Journ\u00e9es de terrain dans le massif du Mont-Blanc, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des bourdonnements&#8230;<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Ph\u00e9nologie des myrtilles en Norv\u00e8ge<\/strong><strong><br><\/strong><em>Par Mark Gillespie &#8211; Chercheur invit\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Aarhus (Danemark) au d\u00e9partement \u201cEcoscience &#8211; Biodiversity and Conservation\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me pr\u00e9sentation portait sur l\u2019influence du climat, de l\u2019herbivorie et du changement climatique sur la ph\u00e9nologie de la myrtille dans les \u00e9cosyst\u00e8mes bor\u00e9aux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son \u00e9tude men\u00e9e dans les montagnes Storehaugfjellet en Norv\u00e8ge, Mark montre que l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures entra\u00eene une floraison plus pr\u00e9coce de la myrtille. Toutefois, d\u2019autres facteurs \u00e9cologiques peuvent impacter la floraison, notamment l\u2019herbivorie. Lorsque la pression des herbivores est forte, la floraison est retard\u00e9e : la plante mobilise davantage ses ressources vers des m\u00e9canismes de d\u00e9fense, au d\u00e9triment de la reproduction. Autre fait assez remarquable : il semblerait qu\u2019il y ait une forme de communication chimique entre les plantes, de transmission de la r\u00e9ponse d\u00e9fensive ! En effet, lors de ces analyses, Mark et ses coll\u00e8gues ont mis en \u00e9vidence que lorsqu\u2019un plant de myrtille est trait\u00e9 avec un produit qui simule l\u2019herbivorie, non seulement celui-ci pr\u00e9sente des m\u00e9canismes de d\u00e9fense, mais c\u2019est aussi le cas pour les plants environnants, pr\u00e9sents dans un p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019environ 5 m de rayon !<\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9sultats soulignent la complexit\u00e9 des r\u00e9ponses ph\u00e9nologiques, qui ne peuvent \u00eatre expliqu\u00e9es uniquement par les variations de temp\u00e9rature, mais r\u00e9sultent d\u2019interactions entre facteurs dits abiotiques (li\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement, ind\u00e9pendants des \u00eatres vivants, par exemple les conditions climatiques) et biotiques (c\u2019est-\u00e0-dire relatifs aux autres \u00eatres vivants).<\/p>\n\n\n\n<p><em>On cherche des observateur\u00b7rices pour ce printemps\/\u00e9t\u00e9 ! Si vous aimez parcourir la montagne et prendre le temps de vous arr\u00eater compter quelques myrtilles au passage, rejoignez l\u2019\u00e9quipe Floraison d\u2019Altitude pour nous aider : <\/em><a href=\"https:\/\/spot.creamontblanc.org\/programmes\/floraison-altitude\"><em>https:\/\/spot.creamontblanc.org\/programmes\/floraison-altitude<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Projet BumbleBuzz : Vers un suivi acoustique des bourdons <\/strong><strong><br><\/strong><em>Par J\u00e9r\u00e9my Froidevaux &#8211; Ma\u00eetre de conf\u00e9rences au laboratoire Chrono-Environnement (CNRS-UFC) en biologie de la conservation et bioacoustique<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re pr\u00e9sentation portait sur le d\u00e9veloppement de m\u00e9thodes bioacoustiques innovantes pour le suivi des pollinisateurs. Vous n&rsquo;\u00eates sans doute pas pass\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9, on observe ces derni\u00e8res ann\u00e9es une diminution drastique du nombre d&rsquo;insectes, comme en t\u00e9moignent tr\u00e8s certainement vos pare-brise immacul\u00e9s, mais aussi et surtout toute une litt\u00e9rature scientifique. Face \u00e0 ce d\u00e9clin, il est essentiel de repenser les m\u00e9thodes de suivi, actuellement invasives, et tr\u00e8s souvent l\u00e9tales si l&rsquo;on veut pouvoir identifier les esp\u00e8ces observ\u00e9es&#8230; C&rsquo;est pourquoi les approches bioacoustiques offrent de nouvelles perspectives r\u00e9jouissantes, permettant un suivi non invasif, non l\u00e9tal, et standardis\u00e9 ! On vous explique.<br><br>Le protocole repose sur plusieurs \u00e9tapes compl\u00e9mentaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Premi\u00e8re \u00e9tape : on installe des enregistreurs, \u00e0 la fois dans des conditions in natura, mais aussi dans des environnements semi-contr\u00f4l\u00e9s (par exemple dans des petites tentes o\u00f9 on l\u00e2che les bourdons), pour obtenir une biblioth\u00e8que de sons de r\u00e9f\u00e9rence pour chaque esp\u00e8ce. La contextualisation de ces enregistrements est indispensable, car les bourdonnements pourraient varier fortement au sein d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce en fonction de la caste, de la taille corporelle, du comportement (vol ou pollinisation) et de l\u2019\u00e9tat des ailes. Ces facteurs imposent la constitution de nombreux r\u00e9plicas pour chaque esp\u00e8ce : \u00e0 ce jour, plus de 5 000 bourdonnements pour 25 esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s !&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Une fois ces enregistrements effectu\u00e9s, ils peuvent ensuite \u00eatre utilis\u00e9s pour d\u00e9velopper et tester des algorithmes de d\u00e9tection et de classification des bourdonnements. Autrement dit, les bourdons ont une signature sonore : gr\u00e2ce aux nombreux enregistrements par esp\u00e8ce, on peut extraire les composantes communes des enregistrements, et ainsi relier ces composantes aux esp\u00e8ces concern\u00e9es et aux comportements concern\u00e9s (vol ou pollinisation). Ainsi, une partie des enregistrements sert \u00e0 entra\u00eener les algorithmes : c\u2019est la phase d\u2019apprentissage.&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>La derni\u00e8re phase est la phase de test : on va cette fois r\u00e9aliser des tests de terrain (sur le massif du Mont-Blanc et en Ecosse dans le cadre de cette \u00e9tude), o\u00f9 l\u2019on enregistre \u00e0 nouveau des sons, on les mets dans l\u2019algorithme, et on regarde s\u2019il est capable de nous donner la bonne esp\u00e8ce et le bon comportement, tel qu\u2019observ\u00e9 sur le terrain. Cela permet de valider l\u2019approche et de v\u00e9rifier sa robustesse dans des conditions vari\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Cette approche illustre ainsi la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre \u00e9cologie et intelligence artificielle, en contribuant \u00e0 enrichir la compr\u00e9hension des interactions plantes\u2013pollinisateurs et des dynamiques \u00e9cologiques, tout en laissant nos pr\u00e9cieux petits pollinisateurs virevolter dans nos belles prairies alpines !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le mot de la fin<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les quatre pr\u00e9sentations illustrent la richesse et la diversit\u00e9 des approches scientifiques mobilis\u00e9es par SoPh\u00e9no. Comme le soulignent les \u00e9tudiant\u00b7es du master Recherches en commun et Transitions territoriales (RCT), qui ont pu assister au COPIL, ces interventions permettent de comprendre comment la recherche scientifique, les outils technologiques et la participation citoyenne contribuent \u00e0 la connaissance et \u00e0 la protection de la biodiversit\u00e9, malgr\u00e9 des approches tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Elles r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement que les crises environnementales imposent de multiplier les formes de connaissance, en combinant expertise scientifique et participation citoyenne, et que le savoir n\u2019est jamais neutre, mais construit collectivement \u00e0 travers des choix m\u00e9thodologiques, des outils techniques et des d\u00e9bats sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre point transversal mis en avant par les \u00e9tudiant\u00b7es est la mani\u00e8re dont les conf\u00e9rences traitent du lien entre humains et non-humains. Observer des plantes sensibles au changement climatique, des bourdons en d\u00e9clin, ou encore les participant\u00b7es eux-m\u00eames en interaction avec la nature, permet de comprendre que nous faisons partie de relations \u00e9cologiques complexes, dont nous d\u00e9pendons et que nous transformons. Comme le r\u00e9sument les \u00e9tudiant\u00b7es : <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Globalement, pour les quatre conf\u00e9rences, nous pouvons remarquer une volont\u00e9 commune de s\u2019inscrire dans le r\u00e9el, que ce soit par le prisme des r\u00e9cits, des interactions sociales ou des donn\u00e9es \u00e9cologiques. Pourtant, leurs vis\u00e9es divergent : transformer les imaginaires et agir sur les discours\/r\u00e9cits (Anne-Caroline Pr\u00e9vot), comprendre les apprentissages collectifs sous-jacents \u00e9ventuels au cours d\u2019un programme de recherche participatif (Baptiste Bedessem), \u00e9tudier un sujet de recherche d\u00e9confin\u00e9 en se rendant sur le terrain tout en conservant une mani\u00e8re de faire science somme toute \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb (Mark Gillespie et J\u00e9r\u00e9my Froidevaux).<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9flexions confirment que SoPh\u00e9no s\u2019inscrit au c\u0153ur d\u2019une d\u00e9marche interdisciplinaire et r\u00e9flexive, o\u00f9 \u00e9cologie, sociologie, technologies et participation citoyenne se rencontrent pour mieux comprendre les dynamiques \u00e9cologiques et le lien des individus \u00e0 la nature, tout en explorant les effets transformatifs de leur participation.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pour en savoir plus sur le projet : <a href=\"https:\/\/creamontblanc.org\/fr\/sopheno-phenologie-sociologie-science-participative\/\">https:\/\/creamontblanc.org\/fr\/sopheno-phenologie-sociologie-science-participative\/<\/a><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Allier sociologie et ph\u00e9nologie : le pari SoPh\u00e9no !&nbsp; En novembre dernier, les acteur\u00b7ices du projet SoPh\u00e9no se sont retrouv\u00e9\u00b7es \u00e0 Lyon pour le premier COPIL (comit\u00e9 de pilotage) du projet. L\u2019occasion d\u2019explorer la biodiversit\u00e9 \u00e0 travers des prismes vari\u00e9s &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org?p=6321\">Lire la suite\u00ad\u00ad<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":6323,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[194,1,31,5],"tags":[46,35,12,38],"class_list":["post-6321","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-recherche","category-non-classifiee","category-sciences-participatives","category-vie-association","tag-phenoclim","tag-phenologie","tag-rencontre","tag-science-participative"],"aioseo_notices":[],"amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6321","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6321"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6321\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6407,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6321\/revisions\/6407"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6323"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}