{"id":3073,"date":"2020-12-08T15:09:59","date_gmt":"2020-12-08T14:09:59","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.creamontblanc.org?p=3073"},"modified":"2022-11-08T14:28:05","modified_gmt":"2022-11-08T13:28:05","slug":"zaa-le-rendez-vous-des-chercheurs-sur-les-ecosystemes-alpins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.creamontblanc.org?p=3073","title":{"rendered":"ZAA, le rendez-vous des chercheurs sur les \u00e9cosyst\u00e8mes alpins"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Ils sont glaciologues, \u00e9cologues, climatologues, botanistes, sociologues\u2026 travaillant en collaboration au sein de la Zone Atelier Alpes. Comme chaque ann\u00e9e, ils se sont retrouv\u00e9s \u2013 \u00e0 distance en raison du contexte sanitaire \u2013 pour \u00e9changer sur les diff\u00e9rents projets de recherche men\u00e9s par le r\u00e9seau. L\u2019occasion pour le CREA Mont-Blanc, engag\u00e9 dans plusieurs programmes, de pr\u00e9senter son protocole de pi\u00e8ges photos associ\u00e9 \u00e0 l\u2019observatoire ORCHAMP et les r\u00e9sultats de l\u2019exp\u00e9dition men\u00e9e l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier sur les \u00eelots de laMer de Glace.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"http:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-1-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3074\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-1-1.jpeg 800w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-1-1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-1-1-768x576.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>L&rsquo;androsace de Saussure (Androsace sassurei), trouv\u00e9e au Rocher de l&rsquo;Heureux Retour, un \u00eelot glaciaire \u00e0 3500m, visit\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par Horace B\u00e9n\u00e9dict de Saussure en 1787. S\u00e9bastien Lavergne, CNRS. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Comme chaque ann\u00e9e, le CREA Mont-Blanc a particip\u00e9 fin novembre aux journ\u00e9es de la Zone Atelier Alpes (ZAA), r\u00e9seau pluridisciplinaire d\u2019observation et de recherche actif sur l\u2019ensemble des massifs alpins fran\u00e7ais. Principalement port\u00e9e par le CNRS et l\u2019INRAE, la ZAA r\u00e9unit des laboratoires scientifiques et des acteurs territoriaux tels que les gestionnaires d\u2019espaces prot\u00e9g\u00e9s pour \u00e9tudier les \u00e9cosyst\u00e8mes alpins dans le contexte du changement climatique et des activit\u00e9s humaines. Les observatoires mis en place dans ce cadre assurent un suivi dans la dur\u00e9e, afin de disposer de r\u00e9sultats comparables pour les diff\u00e9rents massifs et d\u2019une vision repr\u00e9sentative de l\u2019ensemble des territoires alpins.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le CREA Mont-Blanc, base logistique de l\u2019observatoire Orchamp \u00e0 Chamonix<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le CREA Mont-Blanc s\u2019implique de diff\u00e9rentes mani\u00e8res dans la ZAA, d\u2019abord comme gestionnaire de site, responsable des infrastructures de suivi sur le massif du Mont-Blanc. C\u2019est le cas en particulier sur Orchamp, observatoire \u00e0 grande \u00e9chelle coordonn\u00e9 par le Laboratoire d\u2019\u00e9cologie alpine (LECA). Sur ce programme, nous sommes charg\u00e9s de g\u00e9rer les placettes permanentes de suivi du milieu install\u00e9es tous les 200 m d\u2019altitude entre 1300 et 2500 m sur le massif du Mont-Blanc. A chacun des ces paliers, des relev\u00e9s pr\u00e9cis et r\u00e9guliers donnent une vision globale des l\u2019\u00e9volution des \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e0 long terme&nbsp;: abondance et diversit\u00e9 de la v\u00e9g\u00e9tation, analyse du sol, temp\u00e9ratures, enneigement, activit\u00e9 humaine\u2026 \u00ab&nbsp;Sur ce volet, notre r\u00f4le est essentiellement logistique&nbsp;: il faut entretenir les placettes, surveiller et \u00e0 maintenir en \u00e9tat le mat\u00e9riel, changer les capteurs quand c\u2019est n\u00e9cessaire, accueillir les chercheurs. Nous sommes un peu leur camp de base&nbsp;\u00bb, d\u00e9taille Anne Delestrade, directrice du CREA Mont-Blanc.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"http:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3076\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-2.jpg 800w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-2-300x169.jpg 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Photo-2-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Photo d&rsquo;un chamois, prise en mars 2019 par un de nos pi\u00e8ges photos. CREA Mont-Blanc<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Exp\u00e9rimentation prometteuse de pi\u00e8ges photo<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Depuis deux ans, le CREA Mont-Blanc exp\u00e9rimente en plus sur les placettes dont il s\u2019occupe un dispositif de pi\u00e9geage photo pour observer la faune aux diff\u00e9rentes altitudes. Les journ\u00e9es de la ZAA \u00e9taient l\u2019occasion de pr\u00e9senter ce nouveau protocole dont la m\u00e9thodologie est aujourd\u2019hui valid\u00e9e, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la complexit\u00e9 du milieu, notamment pour la maintenance des batteries et la r\u00e9cup\u00e9ration des donn\u00e9es. Une trentaine d\u2019appareils install\u00e9s sur les placettes prennent une photo chaque jour \u00e0 heure fixe et d\u00e9clenchent chaque fois qu\u2019ils d\u00e9tectent un mouvement. Cela permet d\u2019obtenir \u00e0 la fois des informations compl\u00e9mentaires des donn\u00e9es d\u2019Orchamp, comme les cycles saisonniers ou l\u2019\u00e9tat de la v\u00e9g\u00e9tation, et de conna\u00eetre la fr\u00e9quentation des diff\u00e9rentes esp\u00e8ces animales. \u00ab&nbsp;L\u2019objectif est d\u2019arriver \u00e0 estimer l\u2019\u00e9volution de leur fr\u00e9quentation en fonction de la saison, des conditions climatiques et de l\u2019\u00e9volution du milieu, explique Anne. Ce dispositif qui observe en permanence sans d\u00e9ranger les animaux fournit des quantit\u00e9s \u00e9normes d\u2019informations&nbsp;: en un an et demi, nous avons recueilli plus de 300000 images. Au-del\u00e0 de la maintenance des installations, il faut donc aussi \u00eatre capable de traiter cette masse d\u2019information.&nbsp;\u00bb C\u2019est dans ce but que nous avons lanc\u00e9 notre nouveau programme de science participative, Wild Mont-Blanc, invitant des observateurs b\u00e9n\u00e9voles \u00e0 d\u00e9crypter les photos. Nous sommes \u00e9galement en train de d\u00e9velopper un syst\u00e8me de machine learning qui permettra d\u2019automatiser l\u2019analyse.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"http:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/photo-3.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3078\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/photo-3.jpeg 800w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/photo-3-300x225.jpeg 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/photo-3-768x576.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption>Relev\u00e9s botaniques sur l&rsquo;\u00eelot du Couvercle avec la Mer de Glace et \u00eelot du Tacul au fond. S\u00e9bastien Lavergne, CNRS<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Revisiter les explorations du XIX<\/strong><sup><strong>e<\/strong><\/sup><strong> si\u00e8cle<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Autre collaboration men\u00e9e dans le cadre de la ZAA, le CREA Mont-Blanc a particip\u00e9 l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier \u00e0 une exp\u00e9dition sur les traces du guide, naturaliste et ancien maire de Chamonix Venance Payot. Celui-ci avait r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle un inventaire de la flore vasculaire pr\u00e9sente sur les \u00ab&nbsp;\u00eelots de la Mer de Glace&nbsp;\u00bb \u00e9merg\u00e9s au milieu des glaciers. Brad Carlson, charg\u00e9 de recherche au CREA Mont-Blanc et guide de montagne, S\u00e9bastien Lavergne, biologiste en \u00e9volution au LECA et C\u00e9dric Dentant, botaniste au Parc national des Ecrins, et Nicolas Bartalucci (guide de montagne et stagiaire M2 LECA\/Parc national des Ecrins) ont revisit\u00e9 les sites que Payot avait explor\u00e9s pour observer la mani\u00e8re dont la diversit\u00e9 floristique avait \u00e9volu\u00e9 en 150 ans. Leurs r\u00e9sultats, qu\u2019ils ont partag\u00e9s aux journ\u00e9es de la ZAA, montrent un changement spectaculaire sur les sites les plus grands et les plus bas. \u00ab&nbsp;Par exemple, au Tacul \u00e0 2200 m d\u2019altitude, on est pass\u00e9 de 6 \u00e0 83 esp\u00e8ces. Un peu plus haut, au Couvercle, le nombre d\u2019esp\u00e8ces a doubl\u00e9 de 60 \u00e0 120, note Brad Carlson. A l\u2019inverse, les sites de haute montagne ont tr\u00e8s peu boug\u00e9. Aux Grands Mulets, \u00e0 3100 m, nous n\u2019avons trouv\u00e9 que 4 nouvelles esp\u00e8ces, dont 1 s\u00fbre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs hypoth\u00e8ses pourraient expliquer ces diff\u00e9rences, notamment le plus grand isolement des \u00eelots en altitude, ou encore les diff\u00e9rences climatiques&nbsp;: le r\u00e9chauffement de 2\u00b0 aux altitudes et le moindre enneigement dans les \u00eelots les plus bas a pu les faire \u00e9voluer vers les seuils limites qui rend ces milieux plus accueillants pour nouvelles esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales. \u00ab&nbsp;C\u2019est une collaboration tr\u00e8s enrichissante avec une forte dimension historique, conclut Brad. Pour nous, c\u2019est important d\u2019ins\u00e9rer nos travaux locaux dans le massif dans un r\u00e9seau plus large. Nous esp\u00e9rons bien poursuivre ces d\u00e9marches de revisite dans d\u2019autres massifs.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"364\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Capture-de\u0301cran-2020-12-08-a\u0300-10.27.47-1000x364.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3082\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Capture-de\u0301cran-2020-12-08-a\u0300-10.27.47-1000x364.png 1000w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Capture-de\u0301cran-2020-12-08-a\u0300-10.27.47-300x109.png 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Capture-de\u0301cran-2020-12-08-a\u0300-10.27.47-768x279.png 768w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Capture-de\u0301cran-2020-12-08-a\u0300-10.27.47-1536x559.png 1536w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Capture-de\u0301cran-2020-12-08-a\u0300-10.27.47.png 1738w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont glaciologues, \u00e9cologues, climatologues, botanistes, sociologues\u2026 travaillant en collaboration au sein de la Zone Atelier Alpes. 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