{"id":1730,"date":"2019-03-13T14:42:52","date_gmt":"2019-03-13T13:42:52","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.creamontblanc.org?p=1730"},"modified":"2022-11-08T16:39:17","modified_gmt":"2022-11-08T15:39:17","slug":"vers-un-mont-blanc-plus-vert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.creamontblanc.org?p=1730","title":{"rendered":"Vers un Mont-Blanc plus vert"},"content":{"rendered":"<p><strong>Avec ses somptueux glaciers et ses aiguilles vertigineuses, le massif du Mont-Blanc est souvent d\u00e9peint comme un espace de haute montagne infertile et sans vie. Pourtant, gr\u00e2ce au r\u00e9chauffement climatique, les plantes grimpent de plus en plus haut, gagnant du terrain suite au recul des glaciers et des n\u00e9v\u00e9s. Trente ans d\u2019images satellites, analys\u00e9es au CREA Mont-Blanc, montrent une tendance manifeste au \u00ab&nbsp;verdissement&nbsp;\u00bb, d\u00e9fini par l\u2019augmentation conjointe de la surface occup\u00e9e par les plantes et l\u2019accroissement de leur productivit\u00e9, dans les habitats alpins enserrant le massif. Les changements les plus spectaculaires ont lieu \u00e0 la fronti\u00e8re avec la neige et la glace, et contribuent, petit \u00e0 petit \u00e0 la transformation de ce paysage embl\u00e9matique de haute montagne.<\/strong><\/p>\n<p><strong> <a href=\"http:\/\/blog.creamontblanc.org\/?p=1711&amp;lang=en\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lire l&rsquo;article en anglais.<\/a><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-1704 aligncenter\" src=\"http:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/FIG1_20180726_140212_CSC_BZC_Couvercle-1000x500.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/FIG1_20180726_140212_CSC_BZC_Couvercle-1000x500.jpg 1000w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/FIG1_20180726_140212_CSC_BZC_Couvercle-300x150.jpg 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/FIG1_20180726_140212_CSC_BZC_Couvercle-768x384.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p>Une prairie alpine dans le Jardin de Tal\u00e8fre, au c\u0153ur du massif du Mont-blanc, situ\u00e9e au-dessus du Glacier de Tal\u00e8fre<em>. Photo: Brad Carlson&nbsp;<\/em><\/p>\n<p>Trente ans d\u2019images du satellite <strong>Landsat<\/strong>, de 1987 \u00e0 2017, ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es au CREA Mont-Blanc. Pour chaque ann\u00e9e, le maximum de&nbsp; l\u2019Indice de V\u00e9g\u00e9tation par Diff\u00e9rence Normalis\u00e9 (en anglais NDVI: Normalized Difference Vegetation Index. Voir encadr\u00e9) a \u00e9t\u00e9 extrait d\u2019images prises en \u00e9t\u00e9. Il repr\u00e9sente la productivit\u00e9 maximum annuelle de la v\u00e9g\u00e9tation, par parcelle de 30&#215;30 m<sup>2,<\/sup> de la zone du Mont Blanc. Les variations du NDVI<sub>max<\/sub> sur ce laps de temps, ont \u00e9t\u00e9 quantifi\u00e9es par r\u00e9gression lin\u00e9aire (Fig.1B) puis analys\u00e9es en pourcentage de variation (Fig.1C). Les r\u00e9sulats r\u00e9v\u00e8lent de substantielles augmentations de la productivit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale et de la biomasse dans les hautes r\u00e9gions d\u2019habitat du massif, en particulier au-dessus de la limite foresti\u00e8re (Fig.1) qui sont des signes incontestables de \u00ab&nbsp;verdissement&nbsp;\u00bb. Quelques zones dites de \u00ab&nbsp;brunissement&nbsp;\u00bb o\u00f9 la productivit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale a diminu\u00e9, peuvent \u00e9galement \u00eatre observ\u00e9es, principalement dans les endroits urbanis\u00e9s de la vall\u00e9e et dans certaines zones bois\u00e9es.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"684\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img1-1000x684.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2061\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img1-1000x684.png 1000w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img1-300x205.png 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img1-768x525.png 768w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img1.png 1106w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6 processus contribuant au verdissement et brunissement observ\u00e9s dans le massif du Mont-blanc<\/h3>\n\n\n\n<p>&nbsp;(I) <strong>L\u2019urbanisation&nbsp;:\n<\/strong>Avant le boom de l\u2019industrie touristique du ski et de montagne dans les\nAlpes, la population de la vall\u00e9e de Chamonix \u00e9tait une fraction de ce qu\u2019elle\nest aujourd&rsquo;hui et le paysage se composait en grande partie de champs d\u00e9di\u00e9s au\np\u00e2turage et \u00e0 la culture avec des maisons \u00e9parpill\u00e9es et de petits centres de village.\nA partir des ann\u00e9es soixante-dix, la vall\u00e9e s\u2019est construite et densifi\u00e9e, avec\npour cons\u00e9quence une diminution de la couverture v\u00e9g\u00e9tale et, par cons\u00e9quent,\nune tendance au \u00ab&nbsp;brunissement&nbsp;\u00bb qui est d\u00e9tect\u00e9 par satellite, y\ncompris au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>(II) <strong>Remont\u00e9e\nde la for\u00eat&nbsp;: <\/strong>Depuis les ann\u00e9es 1950, la limite sup\u00e9rieure de\nla for\u00eat dans le massif du Mont-blanc, appel\u00e9e limite foresti\u00e8re, est remont\u00e9e\nen moyenne de 60 m. Cette augmentation observ\u00e9e aussi bien dans la r\u00e9gion du\nMont-blanc que dans l\u2019ensemble des Alpes, est le r\u00e9sultat d\u2019interactions\ncomplexes entre le changement climatique et l\u2019utilisation des terres et\nnotamment les pratiques pastorales de la r\u00e9gion. Le r\u00e9chauffement climatique\npermet aux arbres de trouver un habitat convenable et ainsi de s\u2019\u00e9tablir\nprogressivement plus haut en altitude. L\u2019abandon des p\u00e2turages et de la culture\ndes terres en montagne a \u00e9galement permis aux arbres de recoloniser des\nhabitats de prairie. \u00c0 basse altitude, la prolif\u00e9ration du <strong>scolyte <\/strong>due au r\u00e9chauffement climatique a contribu\u00e9\nau d\u00e9clin des for\u00eats d\u2019\u00e9pic\u00e9as dans plusieurs zones de la vall\u00e9e de Chamonix.\n&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(III) <strong>Expansion des ligneux&nbsp;: <\/strong>Bien que moins bien \u00e9tudi\u00e9s dans les syst\u00e8mes alpins que dans l\u2019Arctique, les facteurs climatiques et les pratiques de culture des sols influen\u00e7ant la r\u00e9partition des diff\u00e9rents esp\u00e8ces ligneuses (appel\u00e9es landes), favorisent l\u2019expansion et la migration ascendante d\u2019arbustes de montagne tels que l\u2019aulne, le rhododendron et le gen\u00e9vrier commun. En plus de modifier l\u2019aspect du paysage, l\u2019invasion des milieux ouverts par quelques esp\u00e8ces d\u2019arbustes, peut provoquer une forte baisse de la diversit\u00e9 locale des plantes (exemple&nbsp;: la r\u00e9duction observ\u00e9e de 50 \u00e0 20 esp\u00e8ces dans un terrain de 10 x 10 m suite \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019aulne vert&nbsp;; Anthelme <em>et al.<\/em> 2007).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"453\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img2-1000x453.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2063\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img2-1000x453.png 1000w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img2-300x136.png 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img2-768x348.png 768w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/img2.png 1125w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption> <strong>Figure 1. (A) <\/strong>Carte des habitats actuels dans le massif du Mont-blanc (<em>source : <\/em>J. Renaud-LECA). <strong>(B)<\/strong> Tendances du pic de productivit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale (NDVI<sub>max<\/sub>) entre 1987 et 2017. Les valeurs positives (en jaune et vert) repr\u00e9sentent une augmentation de la productivit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale au fil du temps, tandis que les valeurs n\u00e9gatives (brun) indiquent une diminution de cette productivit\u00e9. Les tendances pour chaque cellule de la grille sont le r\u00e9sultat d\u2019un mod\u00e8le d\u2019\u00e9volution lin\u00e9aire ajust\u00e9 sur les NDVI<sub>max<\/sub> de chaque ann\u00e9e. <strong>(C)<\/strong> Pourcentage de variation de la productivit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale (NDVI<sub>max<\/sub>) entre deux p\u00e9riodes&nbsp;: P1 (1987-1993) et P2 (2011-2017). Les valeurs positives (jaune et vert) montrent une augmentation de la productivit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale (en %). La variation (en %) entre deux p\u00e9riodes est d\u00e9finie comme le logarithme du rapport des NDVI<sub>max <\/sub>(log(P2\/P1)). Sur les figures (B) et (C), les zones blanches correspondent \u00e0 des zones non v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es, sans signal NDVI observ\u00e9 (NDVI<sub>max <\/sub>&lt; 0,01) au cours de la p\u00e9riode 2013-2017). <em>Source:<\/em> Landsat 5 et 8, <a href=\"https:\/\/earthexplorer.usgs.gov\/\">United States Geological Survey. <\/a> <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>(IV)\n<strong>Biomasse accrue&nbsp;:<\/strong><strong>\n<\/strong>Il est tout \u00e0 fait possible qu\u2019une m\u00eame\nesp\u00e8ce v\u00e9g\u00e9tale, par exemple la la\u00eeche fausse-brize illustr\u00e9e dans la Figure 1\n(IV), vienne \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une saison de croissance plus longue et plus chaude,\navec une diminution de la dur\u00e9e de la couverture de neige et ainsi produise une\nbiomasse plus importante, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019elle grandisse plus ou produise plus de\nfeuilles, sans aucun changement dans la composition m\u00eame de la communaut\u00e9\nv\u00e9g\u00e9tale. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(V)\n<strong>Thermophilisation&nbsp;:<\/strong><strong>\n<\/strong>Le r\u00e9chauffement climatique permet aux\nesp\u00e8ces adapt\u00e9es \u00e0 des conditions plus chaudes de migrer plus haut, ce qui\nentra\u00eene un accroissement du nombre d\u2019esp\u00e8ces pr\u00e9sentes dans les habitats de\nhaute-montagne ainsi que de la densit\u00e9 du couvert v\u00e9g\u00e9tal. Les taux de colonisation\ndes plantes alpines apparaissent ainsi fortement corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 l\u2019augmentation de\nla temp\u00e9rature&nbsp;: par exemple, le taux d\u2019augmentation des esp\u00e8ces de plantes\nsur les sommets des montagnes europ\u00e9ennes, a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9 \u00eatre cinq fois plus\n\u00e9lev\u00e9 pour la p\u00e9riode 2007-2016 par rapport \u00e0 celle de 1957-1966 (Steinbauer et\nal. 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>(VI) <strong>Colonisation\nv\u00e9g\u00e9tale suite au retrait des glaciers<\/strong><strong> <\/strong>: Le\nd\u00e9clin acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des glaciers des Alpes au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies (Figure\n2) a ouvert de nouveaux espaces \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation. Bien que l\u2019expansion soit\nlimit\u00e9e par la composition des sols et la pente (outre les habituelles barri\u00e8res\nclimatiques), l\u2019abondance de l\u2019eau et le manque de comp\u00e9tition a permis \u00e0\nplusieurs esp\u00e8ces de plantes de rapidement coloniser ces nouveaux habitats. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Verdissement au d\u00e9triment de la neige et la glace<\/h3>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/em>La NASA d\u00e9finit la \u00ab cryosph\u00e8re \u00bb comme\nl\u2019ensemble de l\u2019eau gel\u00e9e du syst\u00e8me terrestre, comprenant la glace de mer, de lac\net de rivi\u00e8re, les glaciers, la neige et le sol gel\u00e9 en permanence (permafrost).\nLa Figure 1A montre la forme caract\u00e9ristique r\u00e9sultant de la combinaison\ncomplexe de glacier et de granit qui forme le c\u0153ur du massif du Mont-blanc,\nlargement compos\u00e9 des diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments de la cryosph\u00e8re. Le r\u00e9chauffement\nacc\u00e9l\u00e9r\u00e9 permet aux plantes de ronger cette fronti\u00e8re et ainsi d\u2019\u00e9tendre leur habitat\nau fur et \u00e0 mesure que glaciers et n\u00e9v\u00e9s reculent (Figure 2). <\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le des extensions rapides du couvert v\u00e9g\u00e9tal dues au recul des glaciers, le ph\u00e9nom\u00e8ne de verdissement est aussi li\u00e9 \u00e0 un autre compartiment de la cryosph\u00e8re&nbsp;: la neige. En effet, une des hypoth\u00e8ses sur l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 des prairies alpines dans la r\u00e9gion du Mont-blanc repose sur la diminution de la dur\u00e9e de la couverture saisonni\u00e8re de neige, bien observ\u00e9e au cours de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. \u00c0 2400 m dans le massif du Mont-blanc, le nombre de jours sans neige au sol est pass\u00e9 d\u2019environ 110 dans les ann\u00e9es 1970 et 80 \u00e0 140 jours au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie (+ 30 jours sans neige&nbsp;; M\u00e9t\u00e9o-France CNRS\/CEN&nbsp;; Durand et al., 2009 a). En outre, les temp\u00e9ratures estivales ont fortement augment\u00e9, ce qui entra\u00eene des \u00e9t\u00e9s plus longs et plus chauds (~ + 2 \u00b0 C depuis les ann\u00e9es 1980&nbsp;; M\u00e9t\u00e9o-France CNRS\/CEN&nbsp;; Durand et al., 2009 b). Pour les plantes alpines d\u00e9pendant de la p\u00e9riode sans neige au sol, de la temp\u00e9rature et de l\u2019\u00e9nergie solaire disponible, un mois potentiel de croissance suppl\u00e9mentaire repr\u00e9sente une \u00e9norme aubaine autorisant une prolongation de la photosynth\u00e8se non seulement pour les plantes \u00e9tablies mais aussi pour les esp\u00e8ces les plus comp\u00e9titives, moins sp\u00e9cialis\u00e9es et venant de plus basse altitude. En revanche, une disparition printani\u00e8re du manteau neigeux trop pr\u00e9coce accro\u00eet l\u2019exposition des plantes \u00e0 des temp\u00e9ratures basses, au moment o\u00f9 les tissus v\u00e9g\u00e9taux sont les plus vuln\u00e9rables. Pour certaines plantes alpines, une fonte des neiges pr\u00e9matur\u00e9e peut entra\u00eener des effets de gel et d\u00e9grader la croissance future (Wipf et al., 2009), ce qui pourrait \u00e0 contrario, conduire localement \u00e0 un brunissement de la v\u00e9g\u00e9tation alpine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Glacier_extent-714x1000.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1706\" width=\"300\" height=\"1100\"><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n<small><strong>Figure 2.<\/strong> Aire couverte par les glaciers en 1952 (bleu fonc\u00e9) et 2008 (bleu clair). La ligne pointill\u00e9e rouge dans l\u2019encart en haut \u00e0 gauche repr\u00e9sente l\u2019extension du glacier dans les ann\u00e9es 1970. Au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, des changements spectaculaires du couvert v\u00e9g\u00e9tal ont eu lieu dans les zones o\u00f9 la glace a disparu entre 1952 et 2008. Donn\u00e9es source : Institut des G\u00e9osciences de l\u2019environnement CNRS <\/small>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quid du proche avenir&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Des montagnes plus vertes sont susceptibles de toucher\nles visiteurs et les r\u00e9sidents des Alpes d\u2019au moins trois fa\u00e7ons\ndiff\u00e9rentes&nbsp;: (i) en modifiant l\u2019apparence et l\u2019esth\u00e9tique du paysage,\n(ii) en contribuant \u00e0 la stabilisation des pentes raides de moraines, laiss\u00e9es\npar les glaciers et (iii) en temporisant le ruissellement de l\u2019eau dans les\nbassins versants de haute montagne. On doit aussi garder \u00e0 l\u2019esprit le risque d\u2019\u00ab\nhomog\u00e9n\u00e9isation des paysages&nbsp;\u00bb, par accroissement du couvert mono-arbustif\nentra\u00eenant l\u2019exclusion d\u2019esp\u00e8ces de plantes alpines sp\u00e9cialistes. <\/p>\n\n\n\n<p>Au CREA Mont-blanc, un de nos premiers objectifs de\nrecherche est de combiner les observations de terrain des changements \u00e0 long\nterme dans la v\u00e9g\u00e9tation de montagne avec l\u2019imagerie par satellite, afin de\nmieux comprendre les processus qui contribuent aux changements dans le paysage\ndu Mont Blanc. Bien qu\u2019il y ait encore beaucoup \u00e0 apprendre, trente ans\nd\u2019observations conduisent \u00e0 une conclusion claire&nbsp;: les temp\u00e9ratures\ncontinuant d\u2019augmenter, on peut s\u2019attendre \u00e0 une transformation de plus en plus\nrapide de ce paysage embl\u00e9matique de haute montagne dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>References<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Anthelme, F., Villaret, J. C., &amp;\nBrun, J. J. (2007). Shrub encroachment in the Alps gives rise to the\nconvergence of sub\u2010alpine communities on a regional scale. <em>Journal of\nVegetation Science<\/em>, <em>18<\/em>(3), 355-362.<\/p>\n\n\n\n<p>Carlson, B. Z., Corona, M. C.,\nDentant, C., Bonet, R., Thuiller, W., &amp; Choler, P. (2017). Observed\nlong-term greening of alpine vegetation\u2014a case study in the French Alps. <em>Environmental\nResearch Letters<\/em>, <em>12<\/em>(11), 114006.<\/p>\n\n\n\n<p>Durand, Y., Giraud, G., Laternser, M., Etchevers, P.,\nM\u00e9rindol, L., &amp; Lesaffre, B. (2009a). Reanalysis of 47 years of climate in\nthe French Alps (1958\u20132005): climatology and trends for snow cover. <em>Journal\nof applied meteorology and climatology<\/em>, <em>48<\/em>(12), 2487-2512.<\/p>\n\n\n\n<p>Durand, Y., Laternser, M., Giraud, G., Etchevers, P.,\nLesaffre, B., &amp; M\u00e9rindol, L. (2009b). Reanalysis of 44 yr of climate in the\nFrench Alps (1958\u20132002): methodology, model validation, climatology, and trends\nfor air temperature and precipitation. <em>Journal of Applied Meteorology and\nClimatology<\/em>, <em>48<\/em>(3), 429-449.<\/p>\n\n\n\n<p>Myers-Smith, I. H., Forbes, B. C.,\nWilmking, M., Hallinger, M., Lantz, T., Blok, D., &#8230; &amp; Boudreau, S.\n(2011). Shrub expansion in tundra ecosystems: dynamics, impacts and research\npriorities. <em>Environmental Research Letters<\/em>, <em>6<\/em>(4), 045509.<\/p>\n\n\n\n<p>Steinbauer, M. J., Grytnes, J. A., Jurasinski, G.,\nKulonen, A., Lenoir, J., Pauli, H., &#8230; &amp; Bjorkman, A. D. (2018).\nAccelerated increase in plant species richness on mountain summits is linked to\nwarming. <em>Nature<\/em>, <em>556<\/em>(7700), 231.<\/p>\n\n\n\n<p>Wipf, S., Stoeckli, V., &amp; Bebi, P. (2009). Winter\nclimate change in alpine tundra: plant responses to changes in snow depth and\nsnowmelt timing. <em>Climatic change<\/em>, <em>94<\/em>(1-2), 105-121.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Authorship<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Brad Carlson, <a href=\"http:\/\/creamontblanc.org\/fr\">CREA Mont-Blanc<\/a> &#8211; January, 2019. In collaboration with the Laboratoire d\u2019Ecologie Alpine (<a href=\"http:\/\/www-leca.ujf-grenoble.fr\/?lang=en\">LECA<\/a>). <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Projet financ\u00e9 avec le concours de l\u2019Union europ\u00e9enne. L\u2019Europe  s\u2019engage sur le Massif Alpin avec le Fonds Europ\u00e9en de D\u00e9veloppement R\u00e9gional.\u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"849\" height=\"220\" src=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-09-24-a\u0300-09.28.21.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2306\" srcset=\"https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-09-24-a\u0300-09.28.21.png 849w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-09-24-a\u0300-09.28.21-300x78.png 300w, https:\/\/blog.creamontblanc.org\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-09-24-a\u0300-09.28.21-768x199.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 849px) 100vw, 849px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec ses somptueux glaciers et ses aiguilles vertigineuses, le massif du Mont-Blanc est souvent d\u00e9peint comme un espace de haute montagne infertile et sans vie. 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