2016 : impact d’un printemps précoce

Classé dans : Sciences du vivant | 0

Partout en France et notamment dans les Alpes du Nord, l’automne et l’hiver ont été très doux. Certaines espèces de plantes ont fleuri beaucoup plus tôt qu’à l’accoutumée. Analyse scientifique du phénomène.

Fleur de noisetier sous la neige © CREA Mont-Blanc
Fleur de noisetier sous la neige © CREA Mont-Blanc

La fin d’année 2015 ne sera pas passée inaperçue. L’automne a été très doux, tout comme l’hiver, avec un mois de décembre inédit élevant la température moyenne mensuelle à 4.8°C au-dessus de la normale (bilan de l’Observatoire du changement climatique). Nombreux sont ceux qui ont observé, partout en France, des floraisons inattendues chez certaines espèces, en automne et en hiver. Dans le réseau Phénoclim, certains observateurs ont pu noter ces floraisons très précoces chez les individus qu’ils suivent et nous permettent aujourd’hui d’analyser l’impact des conditions de température sur la flore.

 

Regard scientifique sur le phénomène

La phénologie s’intéresse aux événements saisonniers de la faune et de la flore. Grâce aux observations des bénévoles Phénoclim, nous pouvons évaluer si les conditions climatiques exceptionnelles de l’année ont réellement impacté les êtres vivants. Les évènements printaniers ont-ils été aussi précoces que notre ressenti nous le laisse imaginer ?

 

La floraison du noisetier comme témoin

dates de floraison chez le noisetier depuis 10 ans
Dates de floraison chez le noisetier depuis 10 ans © D.Asse

Cette année, certains noisetiers ont fleuri dès la fin 2015, des observations qui n’avaient encore jamais été enregistrées depuis le début du programme Phénoclim en 2004. La floraison d’un individu a été notée le 4 novembre à Taninges (74) à 1450 mètres, et une autre le 18 décembre à Ayn (73) à 530 mètres. Ces données extrêmes sont représentées en rouge sur le graphique ci-contre.

La floraison est le stade qui a le plus réagi aux conditions de température de cet hiver. Sur le graphique, on voit qu’en comparant la moyenne des observations (ligne noire) de cette année à celles des années précédentes, 2016 fait partie des plus précoces, comparable à l’année 2008, qui était elle-aussi une année exceptionnelle.

Le stade de débourrement quant-à-lui se situe plutôt dans la moyenne, autant chez le noisetier qui naturellement fleuri tôt, que chez d’autres espèces comme le mélèze, plus tardif.

 

Observez la végétation et contribuez à la recherche

Phénoclim est un programme de sciences participatives qui incite les citoyens à mesurer l’impact du changement climatique sur la faune et la flore en montagne. En 2015, au total 1800 observations nous ont été communiquées sur 89 sites différents à travers les Alpes. Depuis le début de l’année 2016, 404 observations nous sont déjà parvenues de 46 sites et les phénoclimeurs continuent de nous envoyer leurs données. Il nous faut un grand nombre d’observations pour faire des analyses fiables et de dégager des tendances sur l’évolution de nos paysages dans un contexte de changement climatique.

Vous pouvez contribuer en rejoignant les participants du programme Phénoclim et en observant vous-aussi les stades de développement des espèces communes qui vous entourent.

 

Rédaction : Daphné Asse

 

Pour en savoir plus

L’article Des fleurs en hiver. Éclairage de chercheur en trois questions, par Isabelle Chuine et Daphné Asse
Le site du programme des sciences participatives Phénoclim

Pour aller plus loin

Les bilans climatiques approfondis de l’Observatoire savoyard du Changement Climatique dans les Alpes du Nord

Suivez-nous sur les réseaux :

Laissez un commentaire