Phénologie et parasites : adapter ses observations du frêne

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Parmi les espèces forestières suivies dans le cadre du programme Phénoclim, le frêne est celle dont les stades phénologiques débutent le plus tard. Cette année, les observations se compliquent à cause d’un champignon parasite. Quelques conseils pour aider les bénévoles.

Le champignon responsable de la chalarose du frêne © Author provided/IFFF, CC BY
Le champignon responsable de la chalarose du frêne © Author provided/IFFF, CC BY

Petit rappel sur le frêne

Le frêne est l’une des dix essences végétales suivies dans le cadre du programme Phénoclim. Pouvant mesurer jusqu’à 40 m de haut, et vivre jusqu’à 200 ans, cet arbre est un des derniers à sortir de sa dormance au printemps : sa floraison débute vers la mi-mars ; viennent ensuite le débourrement et la feuillaison jusqu’à mi-juin. Mais voilà, ce grand bonhomme, bien que présentant une bonne résistance aux chocs, semble souffrir de nouvelles maladies…

Les maladies du frêne

En Amérique du nord, le frêne est attaqué, depuis les années 2000, par un insecte ravageur, l’agrile. En Europe, c’est un champignon invasif, responsable de la chalarose du frêne, qui décime des populations entières. Repérée dans les années 1990 en Pologne, la maladie est arrivée en France, et notamment dans le réseau Phénoclim en Savoie, dans le Haut-Jura et Haut-Doubs… Nous vous avions déjà parlé de la maladie lors d’un précédent article Zoom sur la chalarose du frêne (publié sur notre blog le 3 octobre 2016).

La chalarose et vos observations

La chalarose peut avoir un impact fort sur les dates des événements phénologiques du frêne, allant jusqu’à entraîner la mort de l’individu. Sur des arbres dont de nombreux rameaux sont atteins, les observations deviennent difficiles. Aujourd’hui, le protocole d’observation du frêne s’adapte pour prendre en compte les particularités liées à la maladie.Voici ci-dessous quelques points, définis par Daphné Asse et Fabrice Bonne, pour que vous puissiez identifier la maladie et savoir quand noter ou non les stades phénologiques :

  1. Pour identifier les rameaux morts ou touchés par la maladie, étudiez les fleurs qui sortent bien avant le débourrement. Les rameaux morts ne fleurissent pas. Cela donne une assez bonne idée de l’état sanitaire du houppier des arbres (suffisamment matures pour fleurir), et facilite l’estimation de la quantité de rameaux morts (plus difficile à évaluer en hiver). Bien-sûr certaines années la floraison est moindre, mais en général elle se fait très tôt en saison et donne une bonne indication.
  2. Si moins de 1/3 des rameaux sont atteints, continuez de suivre leur phénologie (attention ce peut être la branche entière ou seulement le bout des rameaux).
  3. Certains frênes « repartent » après plusieurs années, bien qu’il n’existerait que 4 à 5% de résistance chez les individus autochtones. En effet, les jeunes rameaux atteints dans le houppier peuvent tomber et être « balayés » par certains grands coups de vent : l’arbre peut alors réapparaître plus « sain », parce qu’il se retape et qu’il n’est pas encore amoindri par un pathogène secondaire (chancre, par exemple). Ainsi, si vous observez plus d’1/3 de branches mortes sur un individu, ne le notez pas directement comme « individu perdu ou mort », ne notez pas non plus la phénologie mais signalez-le en remarque et continuez à surveiller la progression de l’arbre. Si au bout de deux ou trois ans, le frêne ne repart pas, alors vous pourrez le noter comme mort. S’il repart, notez de nouveau vos observations !
  4. La maladie induit un décalage phénologique chez les jeunes frênes en particulier, qui sont les plus sensibles et les plus exposés à la maladie. Si vous souhaitez rajouter des individus dans votre zone de suivi, ne choisissez pas de jeunes frênes, qui présentent, par ailleurs, un intérêt moindre à l’observation car ils ne fleurissent pas forcément.

En cas de doute ou pour échanger avec la communauté Phénoclim sur cette question ou d’autres préoccupations liées à vos observations, vous pouvez publier un message sur le groupe Facebook Observateurs d’Altitude administré par l’équipe du CREA Mont-Blanc.

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Rédaction : Anne Brasselet


Pour aller plus loin

La Fiche espèce du frêne dans la Boite à outil du site Phénoclim

Le groupe Facebook Observateurs d’Altitude

L’article Chalarose du frêne et autres maladies invasives de Claude Husson et Benoit Marçait (INRA) publié sur le site The Conversation France

Plus d’informations sur l’Agrile sur le site de l’Agence canadienne d’inspection des aliments

 

 

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