Quel avenir pour nos montagnes ? État des lieux scientifique à Grenoble

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Le 8 et 9 mars étaient réunis à Grenoble de nombreux chercheurs, venus de toute l’Europe, pour discuter de l’évolution des recherches en cours autour de la neige, de la glace et de l’eau en montagne. Ces deux jours furent riches en échanges pour la centaine de personnes présentes ! Un questionnement à l’interface entre évolution des milieux de montagne et occupation du sol.

Présentation de Florence Magnin, EDYTEM devant une salle très attentive. Un sujet qui apparait comme une réelle interface entre le monde scientifique et le monde touristique : l’impact de la neige sur le dégel saisonnier du permafrost sur les parois de l’Aiguille du Midi.
Présentation de Florence Magnin, EDYTEM devant une salle très attentive. Un sujet qui apparait comme une réelle interface entre le monde scientifique et le monde touristique : l’impact de la neige sur le dégel saisonnier du permafrost sur les parois de l’Aiguille du Midi.

Dans un contexte de changement climatique, particulièrement visible cet hiver, les sujets de recherche présentés ont abordés l’étude, le suivi, et la modélisation de ces changements et leur impact sur la cryosphère et les activités humaines associées. Quelles tendances d’évolution des phénomènes avalancheux ? Quel impact de la neige sur le dégel saisonnier du permafrost en paroi rocheuse. Vers quelles évolutions des itinéraires d’alpinisme … ? Autant de questions qui ont animé les débats de la trentaine de présentations.

L’apport des chercheurs sur l’évolution des activités humaines

Il est très important de comprendre ces changements pour adapter les pratiques humaines à la montagne. C’est un des points développés au cours des conférences par Jacques Mourey et Ludovic Ravanel qui travaillent sur l’évolution des itinéraires d’accès aux refuges du bassin de la Mer de glace pour les randonneurs et les alpinistes. Devrons-nous continuer à construire des mètres d’échelle pour accéder au glacier ? Comment faire face aux chutes de séracs et de pierres de plus en plus importantes ? Tant de questions posées au quotidien et auxquelles les chercheurs peuvent apporter leur contribution.

Les satellites au service de la recherche en écologie

Le développement de l’imagerie satellitaire et son utilisation dans le cadre de l’étude des milieux de montagne a été un des points importants des deux journées de conférence. Les images satellites sont aujourd’hui d’une précision impressionnante (15m de résolution dans certains cas). Les satellites, équipés de plusieurs capteurs, fournissent des images enregistrées grâce à plusieurs bandes spectrales différentes qui permettent de mettre en avant différents types de données. Par exemple, pour faire ressortir la végétation sur une image satellite, il faudra utiliser la valeur NDVI (normalized difference vegetation index) fournie par les capteurs

Grâce à ces évolutions techniques il est possible de mieux caractériser l’influence de la neige et des glaciers sur les évolutions de la végétation, comme l’ont détaillé Jean-Pierre Dedieu et Bradley Z. Carlson. Il est également possible de mesurer de manière bien plus précise et bien plus accessible les évolutions en volume du manteau neigeux … et cela depuis un bureau (même si le travail de terrain garde une place très importante pour nous autres géographes … avoir des méthodes accessibles et rapides est un gros avantage …).

A gauche : image satellite Landsat 8 en « vraies couleurs »

A droite : image satellite Landsat 8 en utilisant le NDVI

Un grand merci au Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l’Environnement ainsi qu’à la Société Hydrotechnique de France pour l’organisation de cette édition 2016.
Un évènement à ne pas manquer, à l’année prochaine !

 

Rédaction : Simon Gerard

 


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