Découverte et convivialité : les principes des Science Sandwich

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Mardi dernier a eu lieu le 8ème Science Sandwich de l’année au CREA Mont-Blanc. Une présentation de Jean-Louis Mugnier, géologue, a permis une fois encore d’échanger sur la montagne et de partager la passion des scientifiques qui l’étudient.

Science Sandwich de septembre axé géologie avec Jean-Louis Mugnier © CREA Mont-Blanc
Science Sandwich de septembre axé géologie avec Jean-Louis Mugnier (ISTerre) © CREA Mont-Blanc

Chercheur au CNRS depuis plus de 30 ans, directeur de recherche à l’Institut des Sciences de la Terre, Jean-Louis Mugnier a la prestance d’un scientifique expérimenté. Ses travaux sont reconnus dans sa discipline, il a même quelques fans dans la salle dont Ludovic Ravanel, qui avait participé au Science Sandwich #5.
La réputation du géologue ne l’empêche pas d’être proche du public. Sa précédente intervention : une conférence pour la bibliothèque de sa commune. « Je prends plaisir à diffuser, il vient un âge où on ne se contente plus de la science « dure ». Quand on a des résultats probants, c’est très agréable de pouvoir les partager avec d’autres ». C’est ainsi qu’il appréhende avec beaucoup d’enthousiasme le format convivial des Science Sandwich.

Des témoignages pluridisciplinaires

Jean-Louis Mugnier a consacré son Science Sandwich « Pourquoi le Mont-Blanc est-il si haut ? » à la tectonique alpine, aux processus érosifs dans le versant nord du Mont-Blanc et aux évolutions de l’altitude du Mont-Blanc au cours du temps. Ainsi, la vingtaine de participants découvre le regard d’un géologue sur la montagne.

Les contenus sont pointus mais restent audibles pour tout un chacun. On apprend que de nombreux équipements de pointe sont nécessaires. Des mesures GPS très fines permettent de connaitre l’altitude avec une précision millimétrique. Chaque année dans le Massif du Mont-Blanc, l’altitude s’élève d’environ 1,5 mm. Mais cette élévation, appelée surrection, due à la tectonique alpine, n’est pas le seul paramètre. L’érosion elle-aussi joue un rôle important sur le relief, entre 0,2 à 1 mm en moins par an, ce qui représente une épaisseur de l’ordre du mètre à l’échelle du millier d’années et de l’ordre du kilomètre à l’échelle du millions d’années. Jean-Louis Mugnier explique en particulier les mécanismes de l’érosion provoquée par les glaciers, remarquables sur le territoire.

Les questions sont fréquentes et les réponses précises mais accessibles. Parfois la sentence tombe : « Je n’ai pas la réponse à cette question ». La science n’a pas toutes les réponses mais elle tente de poser les bonnes questions et d’ouvrir le débat.

La méthode scientifique au cœur de la pédagogie

Au-delà des contenus, c’est la méthode scientifique qui est mise en avant. Jean-Louis Mugnier présente bien sûr les notions indispensables à la compréhension, mais aussi et surtout la démarche scientifique. Le récit de contraintes plus pragmatiques illustre l’ensemble. Par exemple, les chercheurs étudient l’érosion à partir d’échantillons de sable « d’abord parce que le sable est une sorte de « moyenne » des éboulements, mais aussi et surtout parce que c’est quand même plus pratique à transporter qu’un gros bloc de roche ». Le ton est parfois espiègle et le concept est respecté : partage et convivialité.

Des rencontres chaque mois

Le prochain Science Sandwich aura lieu mardi 9 octobre. Nous accueillons Sylvain Gatti, biologiste spécialiste du comportement de la faune sauvage, qui nous parlera des technologies utilisées pour étudier le Lynx (en français). Le mardi 20 novembre, Danny Uhlmann, photographe et guide de haute-montagne lors d’expéditions scientifiques, partagera son expérience sur une mission de paléoécologie en antarctique (en anglais).

 

Rédaction : Charlotte Mader


Pour en savoir plus

Consultez le programme des Science Sandwich 2018
Vous gravitez dans le milieu de la recherche et souhaitez partagez votre passion pour la montagne ? Contactez-nous !
Consultez la page personnelle de Jean-Louis Mugnier sur le site Internet de l’Institut des Sciences de la Terre (CNRS Chambéry/Grenoble)

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